27 Janvier 2548:
Réveil très tôt, douche et petit déjeuner, nous fermons nos sacs et départ de Coconuts Bungalows après avoir payé l'addition, pas trop salée, le coût de la vie est vraiment très bas en thaïlande, surtout dans ces endroits pas trop touristiques, et direction l'embarcadère en moto taxi pour deux heures de navigation entre les îles et les mangroves pour rejoindre Ranong. Là, notre chauffeur nous attend avec son pick-up, comme promis au départ et nous amène faire quelques courses au marché et du change à la banque. Nous prenons la direction du sud, mais au lieu de se diriger vers la route la plus courte, passant près de Kao Lak, il fait un détour par la côte Est, disant qu'il y a beaucoup moins de circulation, mais nous pensons après discutions qu'il ne voulait pas rouler sur les esprits des morts du Tsunami. Cela nous fait voir des champs de caféiers et de papayers, nous nous arrêtons pour manger une petite soupe sur le bord du chemin et achetons des fruits et légumes avant de reprendre la route en direction de Kao Sok où nous avons rendez-vous avec Jock. Il est là, juste devant nous, arrivé il y a quelques minutes de son escapade en Inde, c'est les accolades à l'américaine et les embrassades à la Française, Jock ayant pris conseil auparavant pour cela auprès d'Annie. Embarquement sur une petite pirogue a moteur pour une trentaine de kilomètres sur un lac où les montagnes viennent tomber à pic dans l'eau laissant à peine la place à la forêt vierge, très dense; aussi jolie que la Baie d'Halong avec les touristes en moins, sauf nous bien entendu. Fin du premier lac., nous descendons de la pirogue, il y en a une deuxième, pour la rejoindre il faut grimper la montagne à l'intérieur de la forêt tropicale où les cris d'animaux sont étourdissants et nous redescendons vers un embarcadère de fortune où un radeau de bambou nous attend. Il faut bien mettre les sacs au milieu pour éviter qu'ils prennent l'eau et nouveau départ à petite vitesse pour le centre du lac où nous découvrons un village de huttes flottantes adossées a une berge luxuriante. A peine les présentations faites et les affaires déposées, nous plongeons dans le lac, c'est agréable après tout ce périple, et nous barbotons jusqu'à l'heure du repas, poissons du lac séchés et soupe de nouilles pimentée. Des lampes à pétrole ont étaient allumées, c'est la seule source de lumière car il fait nuit noire, la lune est cachée derrière les montagnes et c'est assez périlleux de marcher dans le dédale des cabanes, sur des bambous rapiécés, ici plus le bruit des vagues pour nous bercer, mais le vrombissement de la faune sauvage qu'on imagine grouillante par l'intensité des sons.
28 Janvier 2548:
Le réveil se fait doucement avec quelques cris de Gibbons, entrecoupés par le bruit d'un radeau à moteur et d'un peu de musique Thaï, j'entends un gros plouf..., c'est Annie qui se réveille en plongeant dans le lac. Dès les premiers rayons de soleil, il y a un ronronnement au dessus de nos têtes, ce sont des abeilles qui viennent se désaltérer sur les feuilles de bambous des toits de nos cases, ce n'est pas le tout mais j'ai faim. Aussitôt le petit déjeuner avalé, et passé aux tinettes, très propres, à l'écart des habitations sur la terre ferme, à la limite de la jungle, installation presque à la turque, avec bassine d'eau pour l'évacuation, et c'est le plongeon dans le lac avec Annie pour une traversée à la nage, jusqu'à une grotte de l'autre coté. Elle me dit qu'il n'y a que quatre cents mètres, mais je pense que j'ai fait beaucoup plus de brasses, à force de faire du sport devant mon écran d'ordinateur, je manque d'entraînement, le retour est un peu dur, j'ai les bras en compote. Jock, lui vient juste de se lever, car il récupère de son séjour au Temple du Kamassoutra et se lance aussitôt au montage d'un kayac qu'il a acheté d'occasion à coté de Phuket suite aux dégâts du Tsunami. Il en a besoin dans quelques jours pour son prochain trekking au Cambodge et appréhende d'avoir beaucoup de réparations à effectuer. Comme tout c'est bien passé pour le kayac, nous voilà partis pour l'après-midi, cours de maniement par le professeur Jock, et grand tour dans les klongs en écoutant la forêt vierge.
29 Janvier 2548:
La nuit résonne encore du chant des grenouilles et ce matin départ en kayac pour aller visiter une grotte dans la montagne de l'autre coté du lac. Nous grimpons jusqu'à l'entrée de la cavité en ayant pris soins de bien attacher nos montures et pénétrons à l'intérieur sur environ deux cents mètres, jonchés de stalagmites et de stalactites, c'est un spectacle à chaque pas. En repartant, nous longeons des falaises abruptes et apercevons un groupe de singes juste devant nous, dégustant quelques fruits sauvages. C'est donc l'heure de rentrer pour le repas traditionnel, j'ai essayé de goûter des bambous cuisinés à leur manière, comme dit Jock, "ça a un goût d'égout", et il n'a pas tord, on a l'impression que ça a macéré dans une fosse septique. Après-midi, petite sieste car il fait trop chaud et comme le siège de mon kayac était inconfortable, j'ai les reins ankylosés. Nous en profitons pour écrire une dizaine de cartes postales que nous posterons à notre passage à Bangkok car ici elles ne seraient pas sures d'arriver à destination avant la saint Glin-glin.
30 Janvier 2548:
La nuit a était très bruyante, cette fois-ci, ce n'était pas les animaux de la forêt, mais un groupe de Thaïlandais en goguette qui pintaient du whisky soda, et réveil dès cinq heures du matin par le bruit des moteurs des radeaux qui allaient chercher les touristes du dimanche pour une balade sur le lac, on ne vas pas garder tout le temps ce paradis pour nous tout seul quand même. Annie, ne voyant plus les chats qu'il y avait lors de son dernier passage à demandée où ils étaient passés, on lui a répondu qu'ils avaient été mangés par les serpents, nous nous sommes regardés, ça on ne vas pas le dire à Françoise de suite pour ne pas la terroriser. Après le petit déjeuner, oeufs sur le plat et fruits, Jock me propose de faire un tour avec son kayac, c'est une "Roll Rolls", on est bien assis, nous en profitons pour prendre des photos sur tout les angles et en plus nous avons la chance de voir des groupes de singes dans tout les klongs où nous pénétrons, le temps ne nous dure pas, bien que la communication soit réduite à sa plus simple expression, je ne parle pas Anglais, il ne parle pas Français, mais on se débrouille et retour juste au moment de l'heure du repas. Ensuite, lecture à l'ombre et baignade, Jock plis son kayac et nous faisons nos sacs, chargement des affaires sur le radeau de bambous, une dernière petite photo avec le "Phare de Ré" dans les mains et c'est le départ, dix minutes les pieds à moitié dans l'eau, grimpette par le petit sentier dans la jungle pendant une bonne demi-heure avec les sacs sur le dos et une chaleur torride, une heure de jonque arrosés par les vagues sous un beau soleil rouge et trois quart d'heure à l'arrière d'un pick-up pour arriver à la gare de Surat Thani. Nous mettons nos affaires en consigne et allons manger une soupe Thaï en ville avant de prendre le train de nuit couchette pour Bangkok.
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